INVITATION





           Née, en 1948 j'ai enseigné dans plusieurs écoles primaires de la Haute-Vienne. Une double passion, celle de l'écriture et celle de la marche où je puise énergie et inspiration, m'a conduite à publier mon premier ouvrage en 2011. Mon goût pour les voyages et les rencontres y est imprimé comme dans les livres suivants, à travers des descriptions poétiques. Je l'exprime avec la sensibilité et l'enthousiasme qui m'anime.
            
          Impliquée dans la vie associative, dynamique et ouverte, j'aime partager mes émotions au fil des mots écrits le plus souvent en écoutant mes musiques. Auteur de romans, récits de voyages, de poèmes, de nouvelles, de témoignages, je vous invite à découvrir mon Univers de mots.
           

    




    

DANS LES MÉANDRES DE LA CREUSE

DANS LES MÉANDRES DE LA CREUSE





Parution: janvier 2019


Vente en ligne sur :http://encrerouge.fr/boutiq…/dans-les-meandres-de-la-creuse/

Disponible chez votre libraire ou FNAC; Amazon, Cultura...

Synopsis

 Dans les méandres de la Creuse



            Sonia meurtrie par un accident a trouvé refuge en Creuse, près de Fresselines.
Un matin d’automne, sa vie bascule avec l’arrivée de Naïm, un jeune migrant albanais qu’elle accepte d’héberger sans remettre en question les conditions de sa venue précisément chez elle.
Son ami Olivier découvre le calepin du garçon, journal intime dans lequel il a consigné son périple.
            Naïm leur dévoile les péripéties de son exil, au départ d’Albanie avec sa famille, qui l’a conduit jusqu’en France. Après la disparition mystérieuse de son père, Marianne sa mère et lui s’étaient rendus à Paris. Installés en banlieue, il a sombré dans la délinquance et s’est retrouvé placé dans un centre d’accueil d’où il a fugué.
           
            Le jour où Hugo, le fils de Sonia vient lui rendre visite, Naïm s’absente et ne rentre pas. Le lendemain, les gendarmes enquêtent chez Sonia qui prend conscience de son imprudence, mais persiste dans son projet d’aider le garçon et rencontre sa mère.
           
            Tandis que ses amis Christelle et Jacques préparent leur départ pour le Chili où ils vont chercher une fillette adoptable, Sonia gère la galerie de Christelle et prépare un réveillon de Noël chez elle....
            


Ma première lectrice:

  "J’ai aimé Dans les méandres de la Creuse. Tes personnages sont attachants, ton

 écriture reste la même, extrêmement agréable à lire...touchante, tu écris avec ton 

cœur et ton empathie.......Enfin, bref on en redemande des bons livres comme les 

tiens, très documentés écrits d’une belle plume....ce n’est que mon ressenti bien sûr, 

continue à écrire surtout....je suis fan". Sylvie

Un autre témoignage:

"Quelle femme ta Sonia ! Je viens de la quitter en lisant la dernière ligne...
J'admire toujours ton aisance dans les sujets les plus divers et les plus actuels. Tu n'as pas eu peur d'aborder un sujet brûlant, tel que la radicalisation ! Ta plume, ton style, ta rapidité, je te reconnais bien là dans tous tes talents ! Un tel sujet mérite bien d'être souligné.

Tu as su créer et maintenir le suspense jusqu'au bout. C'est triste mais tellement actuel ! Et la couverture du livre est très en phase avec le sujet... "   Odile

Article paru dans l'Echo du centre du 27 avril 2019



<<Dans les méandres de Ia Creuse>>. Liliane Fauriac
Amoureuse des mots et de la vie, Liliane Fauriac, née à Limoges a deux passions : l'écriture et la marche. C'est Sonia qu'elle nous invite à suivre au fil de son dernier roman <<Dans les méandres de la Creuse». Suite à un accident de voiture, Sonia quitte son poste d'enseignante et s'installe, pour sa convalescence, près de Fresselines en Creuse, dans cette vallée chère aux peintres et aux artistes. La nature et les arts occupent une place de choix dans l'écriture de I'auteure, en particulier quand elle évoque Chopin, Claude Monet (né enl889) que Fresselines va célébrer lors de Ia saison estivale2019, George Sand et Gargilesse. Mais dans ce dernier roman, elle aborde aussi des sujets actuels et sensibles : ceux des migrants, de l'éducation défaillante et de la radicalisation. Elle nous invite à découvrir Naïm, un jeune réfugié albanais en fugue qu'elle accueille, dont le père serait mort et dont la mère aurait disparu. Mais la vie de l'adolescent va basculer lorsque ses parents refont surface et que, la veille de Noël, des retrouvailles, d'abord chaleureuses tournent au cauchemar. Sous la plume de I'auteure, les paysages de 1à Vallée de la Creuse qu'elle décrit deviennent de véritables toiles de maître, et l'intrigue empreinte de sensibilité, d'humanisme, mais aussi de réalisme nous va droit au coeur. Quant au regard qu'elle jette sur la société actuelle, il traduit toute l'attention et l'amour qu'elle porte à la vie et aux relations humaines. Dans le cadre apaisant des «Méandres de Ia Creuser, ce roman qui va d'énigmes en rebondissements nous interpelle.
Josette Balanche

L'ENCRE SYMPATHIQUE


ROMAN                                                                                                       290 pages
Éditions Encre Rouge                                                                                     18 €

Couverture: la gare de Limoges par Geo Danède

Parution: mars 2018

            L’Histoire, la musique, les arts constituent la toile de fond de ce roman foisonnant d’action et d’émotion.
            La gare de Limoges, comme un repère dans les tribulations de l’héroïne illustre et ponctue les péripéties de son parcours mouvementé.
            Des personnages atypiques, des situations insolites, un dénouement inattendu rythment la vie de Marta pour embarquer le lecteur dans la musique des mots et des sentiments.

            Comment une femme peut-elle s’épanouir dans sa carrière et libérer sa féminité quand tout lui rappelle que son enfant est privé de son amour ?
            Marta, jeune pianiste, brillante et trop esseulée pour être mère évolue entre résilience et remords depuis qu’elle a abandonné sa fille à la naissance. Dans le Paris des années folles, elle côtoie les artistes de l’époque. Sur les scènes de concert, puis à Limoges où elle s’établit et s’investit dans la résistance, parviendra-t-elle à assumer le poids de sa faute ?

            Portée par la musique, Marta surmontera-t-elle toutes les épreuves que sa vie lui impose ? Parfois tentée de renoncer, pourra-t-elle un jour se pardonner pour trouver la sérénité ?


Premier chapitre

1

De Limoges à Paris


             Elle a vingt-deux ans. Sortie ce matin de la maternité de l’hôpital de Limoges, Marta ressasse les mêmes pensées. Impossible d’occulter l’acte irrémédiable qu’elle vient d’accomplir, en pleine conscience, afin de poursuivre son chemin de vie comme si rien ne devait entraver son ascension vers les sommets de sa gloire. Telle une peau de mue dont elle n’arriverait pas à se libérer, elle emporte avec elle le poids de sa responsabilité. Au terme d’une grossesse dissimulée, elle a éludé l’issue, comme si cet enfant non désiré allait naturellement se volatiliser. Elle a toujours exclu d’enfanter au début de sa carrière prometteuse. Éreintée par l’accouchement, elle est pourtant déconcertée par l’instinct maternel qui domine son mental et son cœur.
– Gabrielle … Ma fille ! Que vas-tu devenir, ma petite ? Je te laisse seule dans cette ville où je ne connais personne. Je t’ai abandonnée, toi que j’ai à peine sentie grandir dans mon ventre tellement j’étais préoccupée par mes succès. Tu t’es faite discrète et ne m’as jamais empêchée de jouer du piano. Pendant toute la durée des concerts, je t’oubliais. Tu ne bougeais pas. Je pouvais vibrer, trembler, frapper, caresser les touches, onduler selon les lignes mélodiques. Tapie au fond de mon utérus, tu te développais sans que personne ne soupçonne ta présence. Entendais-tu les notes se répercuter de mes doigts à tes minuscules oreilles ? Ressentais-tu mon souffle s’amplifiant à chaque montée de l’échelle chromatique ? Et mon cœur : percevais-tu l’accélération de ses battements quand je jouais en solo et que tout l’orchestre rivait ses yeux sur le clavier, pour anticiper la reprise ?
            Tu attendais que je m’allonge après le récital pour me révéler ta vie au fond de moi. Doucement, tu dépliais tes jambes frêles, comme pour les dégourdir puis, avec un peu plus d’énergie, tu nageais dans mes eaux, te retournais comme un jeune dauphin prêt à bondir à la surface d’une mer tiède. Alors je m’autorisais à rêver de ton père qui ne savait pas… Oleg, ton père – tu as le même grain de beauté sur la joue gauche – et nos amours à Prague. C’est lui qui m’a ouverte au plaisir si différent de l’extase musicale. Une jouissance charnelle nous a emportés ensemble, élevés vers des sommets improbables, soulevés sur des vagues fugaces, mais si puissantes qu’elles nous laissaient comme inanimés au bord de notre étreinte. Tu es le fruit de notre amour et je ne t’ai même pas prise dans mes bras, à peine regardée. Pendant ma grossesse, sans nier ton existence, je n’organisais rien pour ton arrivée et la suite de ma vie avec toi, comme si, le moment venu, tout découlerait d’une évidence. Je ne m’attendais pas à souffrir autant. Ce déchirement de mes entrailles pour t’expulser a précipité mon rejet. Rien ne me préparait à être mère, mais j’aurais pu le devenir si… si je n’avais pas été seule pour t’accueillir et te faire une place dans ma carrière en plein essor. 
            Marta a repris le train. Même ligne : Toulouse-Paris. Une semaine d’interruption à Limoges pour accoucher de Gabrielle et l’abandonner à l’hôpital : elle poursuit son voyage. Dans le compartiment de première classe, en ce début d’été 1922, la chaleur berce sa douleur jusqu’à l’assoupissement des sens. Quelques instants de répit avant de fouler les pavés parisiens, sans but précis puisque le prochain concert est programmé pour octobre. Octobre, comme l’an dernier, juste avant le séjour à Prague et la rencontre fortuite du bel Oleg. Les yeux fermés, elle distille des images de la ville, la nuit de son arrivée, la sollicitude et la bienveillance de cet étudiant qui l’a conduite à l’abri, à l’auberge de jeunesse où il logeait en attendant de gagner son autonomie. Il faisait déjà si froid qu’on se serait cru en plein hiver. Puis ce fut la visite de Prague sous la houlette de son jeune guide, les premiers émois, jusqu’à cette nuit d’amour, la première, imprimée à jamais dans sa chair. Oleg et ses yeux bleus, son grain de beauté et ses fossettes la faisaient chavirer de désir.
            Malgré les saccades du wagon sur les rails, rompue par la fatigue consécutive à son accouchement, Marta finit par sombrer dans un sommeil agité de sursauts. Elle rêve que Frédéric son deuxième amant, mort accidentellement en montagne, revient pour lui reprocher d’avoir renoncé à élever sa fille. Il affirme en être le père et promet de la harceler jusqu’à ce qu’il retrouve son enfant. Elle se débat et gémit sur la banquette, hantée par la culpabilité, affolée par le regard terrifiant de cet homme qui la juge. Dans un geste incontrôlé, son bras vient heurter la vitre, l’extirpant des griffes de ses démons. Pantelante, Marta se lève, lisse sa jupe du plat de sa main et se dirige vers la voiture-restaurant pour reprendre ses esprits et dissiper ses cauchemars dans une tasse de thé brûlant. Malgré la chaleur moite du compartiment, elle a les extrémités glacées et une sensation de vide intérieur. Son malaise lui trace des cernes bleutés sous les yeux et ride les contours de sa bouche contractée par l’angoisse. Sa superbe assurance de jeune pianiste talentueuse adulée par son public s’est transformée en accablement. Tête basse, elle soupire en s’appuyant au bar comme si elle allait s’affaler d’une minute à l’autre. Ni le barman en tenue impeccable ni les consommateurs attablés devant leurs petits fours ne prêtent attention à la détresse de cette voyageuse anonyme. Marta n’a pas envie d’être reconnue. La discrétion lui sied mieux que la célébrité en cet instant. Elle absorbe incognito une boisson insipide. Progressivement, elle retrouve une attitude plus digne. Et s’apprête mentalement à passer quelques mois dans la capitale.
            Retrouvant son siège occupé, Marta demande :
– Excusez-moi. Puis-je reprendre ma place s’il vous plaît ? Je me sens mal en sens inverse de la marche.
            La question s’adresse à un voyageur tiré à quatre épingles, plus moderne que l’ensemble des passagers. Celui-ci se lève, et son chapeau rond à la main s’incline galamment :
– Pardon Madame. Je viens de monter à Orléans et ignorais que vous occupiez ce siège. Je vous en prie, asseyez-vous. Je m’installe en face.
– J’étais allée boire un thé. Ce voyage est si long ! soupire Marta.
– D’où venez-vous, d’où si je puis me permettre ?
– Toulouse.
– En effet ; vous traversez tout le pays ! Vous avez un accent, mais pas celui de Toulouse, me semble-t-il.
– Non. Je suis Espagnole.
– Cependant, vous parlez très bien français !
– Merci, murmure-t-elle dans un sourire à peine esquissé.
            La conversation engagée se poursuit agréablement, transformant la dernière heure de train en échange de banalités. Le passager lui offre de partager un taxi à l’arrivée puisque, comme par hasard, les deux voyageurs se rendent dans le même quartier : à Montmartre.
            La salle des pas perdus de la gare de Paris-Orléans grouille de monde. La jeune femme accouchée depuis une semaine se déplace lentement, sans grâce. Sa valise lui paraît plus lourde qu’à son arrivée à Limoges où elle a accouché sous X. À sa droite, grand, mince, distingué, son voisin de train ralentit son pas, par courtoisie, tout en gardant son allure naturelle.
– Je n’ai pas affaire à un gentleman ! Il pourrait porter ma valise ! pense-t-elle, dépitée.
            Sous le haut plafond voûté, les bruits sont amplifiés. Entre les grincements des roues sur les rails, les voix résonnent, les gens s’interpellent et se bousculent dans un épouvantable brouhaha. Marta voudrait sortir au plus vite pour respirer et trouver le calme. Respirer ? Quelle déception ! Après les fumées des locomotives à charbon, ce sont maintenant les gaz des automobiles à essence qui forment comme un épais brouillard sur l’esplanade de la gare. Elle suffoque et se laisse prendre en charge par son compagnon de voyage. Les circonstances lui rappellent son arrivée à Prague, l’année dernière. Non pas que l’homme qui hèle le taxi ressemble à Oleg, ni que la température clémente en ce mois de mai lui rappelle le vent glacé d’octobre. Mais elle se laisse guider par la providence. Cependant, comme elle ignore où loger, elle remercie et demande à descendre au bas de la Butte, comme si elle y était attendue. Elle désire préserver sa liberté, ne pas se raccrocher à un inconnu. Le moment n’est pas encore propice pour nouer des relations. Elle a besoin de se retrouver seule, de méditer, de se construire un « après ».
            La portière du taxi refermée, Marta reste quelques minutes sur le trottoir, pensive, fatiguée. Puis, contrainte de trouver au plus vite une chambre d’hôtel, elle achète un guide au kiosque le plus proche et s’installe à la terrasse d’un café, face à l’éblouissante blancheur du Sacré Cœur, pour consulter les petites annonces. Depuis deux ans, Marta ne connaît que la vie d’artiste et ne sait pas ce que signifie un « chez-soi ». D’un pays à l’autre, de ville en ville, elle loge dans les plus beaux hôtels, le plus souvent sans qu’elle ait à se soucier de réserver. Ici, à Paris, elle résidera plusieurs mois et l’idée de s’aménager un studio intime et personnalisé l’effleure.
– Je verrais bien une chambre avec cuisine pour m’installer le temps de mon séjour. Mais en attendant de la trouver, j’aimerais loger tout près de ce monument majestueux. Peut-être y trouverai-je un peu de paix et de tranquillité, sans parler d’oubli. 
            C’est l’hôtel Beauséjour que Marta choisit parmi les nombreux établissements du plus somptueux au plus minable. Situé rue Burg, entre la Place du Tertre, le moulin de la Galette et le Sacré Cœur, le nom de cette pension lui semble prémonitoire. Du balcon de la chambre, elle aperçoit l’Opéra et devine les Champs Élysées. L’atmosphère aussi calme et paisible que celle d’un village la surprend et la rassure. La patronne, intriguée de recevoir une jeune femme seule la questionne sur le but de son séjour. Alors Marta raconte ses débuts, son chagrin et sa solitude au décès de ses parents, ses succès et sa profession de pianiste connue. Pour se justifier, elle lui montre ses photos et ses engagements. Ainsi mise en confiance, la tenancière lui confie les clés sans lui demander de caution : l’honnêteté de sa cliente ne fait aucun doute ! D’ailleurs, l’élégance de sa tenue, pourtant malmenée par le voyage confirme qu’elle a affaire à une hôte de qualité.
            Marta s’active : rien de tel pour évacuer les obsessions. Elle range ses vêtements dans la grande armoire-penderie puis procède à une toilette minutieuse dans un long bain parfumé relaxant. Comme la musique lui manque ! Plus d’une semaine sans jouer, sans écouter ses musiciens favoris !
– Dès demain, se promet-elle, je vais rencontrer Monsieur Vincent. 
            Elle a prévu de travailler ses morceaux de concert avec ce professeur de piano qui l’a félicitée lors de son passage salle Wagram, l’an dernier. Il l’attend depuis huit jours, mais son accouchement prématuré a retardé leur rendez-vous. Quant au prochain récital, son impresario a signé un engagement avec le théâtre des Champs Élysées pour le 30 novembre et le 21 décembre. Elle connaît les œuvres au programme, mais ne les a jamais jouées en public. Son nom sera associé à celui des prestigieux concerts Golschmann.
– Comment aurais-je pu honorer mon contrat avec un enfant à élever ? En embauchant une nourrice peut-être ? Je n’ai pas réfléchi. À vrai dire, je n’ai pas voulu chercher de solutions et, prise au dépourvu, j’ai abandonné ma fille ! Si mes chers parents savaient ! Ils m’ont tant aimée, soutenue, portée. Sans eux, je n’en serais pas là. Avec eux, ma fille serait élevée en famille.
            Du balcon de sa chambre au deuxième étage, Marta aperçoit les ailes d’un moulin rouge, la rue encombrée d’une foule bruyante : des promeneurs, des visiteurs, des habitants du quartier. Elle n’a pas envie de sortir ce soir, de se mêler à la vie qu’elle devine trépidante. On appelle cette époque « Les années folles ». Elle n’imagine pas les étonnantes manifestations, l’évolution des mœurs, des goûts, des libertés qui justifient cette notion de folie. Ce qu’elle espère, c’est trouver un exutoire à son mal-être. Épuisée par son état de santé de jeune accouchée, fatiguée par un voyage éprouvant, elle n’aspire qu’à sombrer dans l’oubli du sommeil, réparateur et profond. Alors, elle ferme les volets en bois, s’allonge sur le lit moelleux, sans dîner et s’abandonne.






Avis d'une lectrice

Magnifique roman que cette Encre sympathique! Aventures rocambolesques et situations inattendues foisonnent autour d'une situation dramatique, provoquée par une héroïne que le remords poursuit sans cesse... Bouleversant ! Je recommande vivement !! Dans la foulée de Après Marienburg.   Odile R.

APRÈS MARIENBURG




APRÈS MARIENBURG : Roman   

Publié en janvier 2017                                                                                   300 pages

ISBN :  979-10-96004-67-6                                                                                Prix : 18 €                                       



         De Magnat l’Étrange à La Courtine en Creuse, Pierre est le fruit d’amours illicites entre un soldat russe et la femme d’un prisonnier de guerre.

         De Prague à Roussac en Haute-Vienne, la naissance de Gabrielle entrave la carrière prometteuse de sa mère pianiste.
       
         Les deux enfants abandonnés à l’Assistance publique sont ballottés d’une guerre mondiale à l’autre. Privés d’amour, leur jeunesse oscille entre souffrances et providence.
         
         Quelles sont leurs chances de maîtriser leurs destins de bâtards et de prendre une revanche sur leur sort ?                                

                                       

THÈMES ABORDÉS

Cette saga familiale située entre 1917 et 1946, issue d’une histoire authentique se déroule en grande partie en Limousin. Elle met en évidence la capacité de l’enfant à surmonter un vécu douloureux.

Des faits parfois méconnus comme la mutinerie des soldats russes de La Courtine, la lutte des femmes au cours des guerres, l’exploitation et l’humiliation des enfants de l’Assistance sont évoqués dans ce roman réaliste tissé de volonté,  d’espoir et d’amour.





COMMENTAIRES de LECTEURS




On entre vite dans les têtes et dans les cœurs des soldats, des paysans, des musiciens, des hommes et des femmes qui entremêlent leurs destins au son des canons de la guerre. Et on ne peut plus les lâcher ! De la première à la seconde Guerre mondiale, les personnages de différentes nations sont criants de vérité, les détails abondent tant au niveau militaire que dans la vie de tous les jours. Les partitions des musiciens sont décrites avec une précision époustouflante. Les deux petits êtres, nés par hasard de passions éphémères au beau milieu de la première Guerre Mondiale, abandonnés chacun de leur côté, nous émeuvent par leur sort tragique et inique, leur courage. J’adore le dénouement plein de noblesse de cette histoire. Un immense bravo à Liliane l’auteure pour cette  performance, pour son écriture  précise et agréable, sa formidable aisance à se promener dans des milieux aussi divers et opposés. Elle rend à ses parents, abandonnés eux aussi à la naissance, un hommage poignant. O.R.




    «Après Marienburg», de Liliane FAURIAC 

  Ce beau roman est très émouvant. Par moments, il rappelle «Sans famille», «L'enfant» ou le «Petit chose», et c'est vraiment très triste. L'évocation des premières années des deux jeunes héros relève de cette  tradition de notre littérature qu'on peut qualifier de «roman social». Liliane sait rendre avec simplicité et une grande justesse, la vie familiale ou celle des villages, des années 20. Elle y mêle pas mal de sentimentalisme (ce n'est pas un jugement) dans le traitement des amours et amourettes. En temps de crise, il semble que ces derniers prennent obligatoirement une dimension dramatique. Est-ce vraiment «la vraie vie» ?
   Ce n'est toutefois pas cette question que nous allons retenir ici. Pour résumer, «Après Marienburg» raconte les origines, et l'apprentissage de la vie de deux orphelins de guerre, dont la mère s'est résolué à les abandonner (je n'entre pas dans les détails). Il s'agit de deux histoires parallèles qui se rejoignent (si, si, c'est possible, la preuve …). Le premier point commun entre Pierre et Gabrielle est de naître à Limoges. Le garçon est le fruit d'amours adultères, entre un soldat russe et une paysanne de Magnat-l'Etrange. La fillette a pour mère une pianiste de concert espagnole, de passage à Limoges; elle ne sait pas exactement qui est le père ! Leur vie va se dérouler dans le contexte des années 20-30, puis de la 2è guerre mondiale. Et les circonstances de leur rencontre ? C'est une surprise. Donc, vous lirez.
   Le roman débute à peu près là où celui de Corine Valade s'achève. Du côté de La Courtine, durant l'été 1917, enfin pas tout-à-fait. Liliane Fauriac nous dresse un panorama, court mais très détaillé, des tribulations de Dimitri depuis Samara, sur la Volga, jusqu'à La Courtine. Les familiers de nos publications, de nos historiens ou cinéastes, connaissent déjà ce cheminement. Le récit de Liliane est assez alerte, et «ce qu'on connaît déjà» passe très bien. Ainsi, on se croirait presque à côté du héros durant le voyage maritime de Dairen à Marseille, et on imagine fort bien le «bol de riz aspergé d'une sauce répugnante», comme les coups de cravaches des officiers, et les exercices épuisants sur le pont. Puis vient le front, dont là aussi, Liliane dresse une évocation réaliste. Finalement, sur les pas de Dimitri – qui est un meneur – on aperçoit les drapeaux rouges du 1er mai russe, la silhouette du général Palytsine, comme les grondements sonores ou intimes de la troupe ... L'été se passe ensuite sur le plateau de Millevaches. Là, entre les assemblées régulières du soviet, s'organisent les contacts avec la population. Ces passages sont une reconstitution romancée, et imaginaire, si je ne me trompe, du quotidien et des sentiments de nos moujiks. Dimitri, et quelques camarades, sont volontaires pour aider aux travaux des champs, nous en avons bien des preuves sur quelques photos. Mais Cupidon est là, caché derrière une meule de foin ! et la belle est mariée à un soldat mobilisé. Je passe sur les détails et vous laisse juge de la crédibilité de l'intrigue. On est plein d'espoirs pour la vie future de Dimitri, mais on craint aussi le pire … qui adviendra bien sûr. Entre-temps, Liliane nous promène dans la campagne creusoise, et quelques petits doutes assaillent le chercheur méticuleux. C'est étrange, Magnat est tout de même à 14 km du camp … la population est évacuée le 14 septembre, mais le curé célèbre la messe deux jours plus tard devant «ses paroissiens» (?), puis, Paul, le mari, est libéré le 14 juillet 1918 ? Çà n'est pas très important.
  Cette partie de l'intrigue se déroule jusqu'à la naissance de Pierre, orphelin de père et bâtard … Un petit regret: l'histoire est beaucoup plus centrée sur la personnalité de sa mère, Marie, que sur celle de Dimitri. Très loin de là, à Prague, et un peu plus tard, Marta, la concertiste, rencontre Oleg, puis Frédéric …
   Voilà terminé un rapide panorama du roman «Après Marienburg». Il est un hommage aux parents de Liliane Fauriac, inspiré par leur histoire d’enfants abandonnés. Il se déroule entre 1915 et 1946, en grande partie en Limousin. L'Histoire y est bien présente, de multiples façons. Le passage très éphémère des soldats russes, rend l'intrigue assez singulière. Pourtant, on la suit sans hésiter. Lecteur, je me demande cependant ceci : faut-il des périodes aussi troublées et dramatiques pour que de telles histoires se produisent ? Et l'Histoire, «la grande», est-elle seulement un prétexte ou une toile de fond ? Quoi qu'il en soit, lisez, vous ne le regretterez pas. 
                                                                   Michel Patinaud




Je suis votre « client » d’hier qui a eu la riche idée d’acheter votre livre : Après Marienbourg
J’ai lu d’un trait votre ouvrage, croisant au fil des pages, de nombreux chemins communs.
Glissant sur l’écume des mots, j’ai accosté aux rivages des émotions, toujours aussi fortes, toujours aussi présentes qu’au premier jour de la conscience de mon abandon, à l’âge d’un mois.
La rencontre de Gabrielle et Pierre est des plus heureuses car elle est l’exemple parfait de la résilience. Ils sont armés des épreuves vécues, subies, surmontées, ils sont VIVANTS !
Je vous remercie d’avoir décodé avec autant de justesse les sentiments qu’ont pu éprouver les enfants de l’Assistance, eux qui sont si souvent décriés.
Encore dans l’émotion de votre récit, j’ai oublié de vous dire que vous avez eu des parents merveilleux et je suis certain qu’ils vous admirent ici où depuis leurs champs élyséens.
Vous êtes la «résultante» d’un assemblage de métaux précieux fondus au creuset de l’amour. Vous avez toute mon admiration.
Bien cordialement
Pierre



L'interview de Calude Peyronnet de RMJ, à écouter en cliquant sur ce lien:


Lien du téléchargement
https://wetransfer.com/downloads/996f93da6d66980a24602c04ed4e898220170908152251/278fb0ead93057662887a846d37ccf6c20170908152251/386cea
1 fichier
En Aparte - Liliane Fauriac.mp3





Ma première récompense pour cet ouvrage





UNE SYMPHONIE INACHEVÉE




UNE SYMPHONIE INACHEVÉE:  témoignage

Paru en janvier 2016                                                                                     180 pages

ISBN: 9-782954-116372                                                                                 Prix: 15 €



Un couple s’engage dans la lutte contre ce qu’il est convenu de nommer pudiquement une longue et cruelle maladie.

LUI est atteint d’un cancer incurable. Il tâche d’épargner son épouse et ses enfants et combat courageusement, tantôt malgré le désespoir de se savoir perdu, tantôt avec l’espoir de défier la fatalité et de redécouvrir un sens à sa vie.

ELLE affronte la perspective de devenir veuve avec une énergie qui surprend ses proches et assume pendant cinq semaines l’accompagnement de la fin de vie du père de ses enfants, de son compagnon de quarante ans.

Leur traversée parallèle de cette épreuve est ponctuée d’épisodes douloureux, éclairée de beaux souvenirs et porteuse d’un souffle de vie qui transporte au- delà de la séparation, vers une perspective de résilience.

L’amour et la musique bercent cet émouvant récit à quatre mains et hissent la douleur et la mort au rang des expériences de dignité que chacun vit et interprète selon sa propre personnalité.

 PROLOGUE


Ce récit s’inspire d’une expérience vécue et tente de rendre hommage au conjoint, au père, au grand-père, à l’homme digne et valeureux qu’il fut.

Sa famille, ses amis, ceux qui l’ont côtoyé le reconnaîtront. Les lecteurs qui feront sa connaissance au fil des pages découvriront le  combat qu’il mena avec son épouse pour alliée, face au cancer.

Banale et inéluctable, la maladie humilie, élève, sort gagnante, mais fait partie intégrante de la vie qu’elle interrompt et transforme en SYMPHONIE INACHEVÉE. La huitième symphonie de Schubert a allégé des instants de douleur et a été choisie pour accompagner la séparation.

Sans emphase, avec pudeur et réalisme, l’auteur retrace le quotidien d’un couple qui, comme tant d’autres, traverse le fleuve houleux de la lutte contre l’odieux envahisseur des organes vitaux.

L’alternance des chapitres écrits à tour de rôle par chacun d’eux propose de suivre en parallèle l’évolution des ressentis et de les comparer.

Chacun y puisera, qui le souvenir, qui l’exemple, qui la force et la résilience lors de circonstances similaires.







ARABESQUES SENSUELLES

ARABESQUES SENSUELLES : poèmes










Parution février 2018                                                                                    130 pages    
Editions Encre Rouge


N° ISBN: 9 782 377 89 0033                                                                         Prix public: 12 €


 Les  thèmes de ces Arabesques sensuelles :
            - des divagations poétiques inspirées par des œuvres musicales,
            - des partitions enchantées par les mots,
            - des danses harmonieuses suggérées par les vagues d’émotion,
            - des arabesques peintes à l’encre des sentiments,
            - de la sensualité gravée dans les lignes, à la joie et aux larmes.


Une poésie en féminité, en douceur, en violence, en rondeur, en élégance.

Laissez-vous envoûter par les voluptueuses musiques des mots qui vous  offriront les images, les couleurs, les parfums !


EXTRAITS:

Sur la plage d’Essaouira 

Dans mon cœur coquillage 
Lourd de splendeurs, 
Avide de tendresse, 
Je grave des images 
Et mes pas sur le sable. 
Caresse du vent, 
Douce alliance des eaux et du ciel, 
Dunes et vagues se mêlent 
Dans un tourbillon d’émotions. 
Vibrations de la houle aux ailes du désir : 

Désert et océan unis dans un acte sacré.



Arabesque
(1ère arabesque de Claude Debussy)

Sur les lignes, les courbes, les vallons et les crêtes
Du bout des doigts, du bout des lèvres,
Viens dessiner des arabesques sur la toile vibrante
De mon corps tiède que la caresse éveille.
Comme une onde tranquille que le vent vient troubler
Ma peau soudain frémit, palpite et s’enfle de plaisir.
Sinueuse, délicate, l’arabesque mêle ses fils soyeux
Pour tisser des voiles de volupté
Qui  glissent en silence vers un puits de délices
Tandis que de ta bouche tu captures un soupir.


Danse


Sur le fil tendu de nos consciences,
Chaque émotion, comme une perle,
Oscille voluptueusement
Dans une danse langoureuse,
S’immobilise dans le silence,
S’emplit de l’essence mystérieuse
Du désir concentré en élixir d’amour.

L’énergie vibratoire anime l’instant furtif,
Où le corps et l’esprit dans une « comme-union »
Habitent tout l’espace de nos aspirations.
Lumineuse, éternelle, musicale et sacrée,
Elle déverse ses vagues fulgurantes
Qui nous entrainent en tourbillons
Au cœur immatériel de nos centres de vie.







                                                                            

YALLA ! Pas à pas au Maroc


YALLA ! Pas à pas au Maroc : Récit de voyages 

Paru en mars 2012                                                    156 pages dont 4 pages couleurs

ISBN: 978-2-9541163-0-3                                                                     Prix : 13 €


           Couverture et illustrations du peintre corrézien Michel Lecomte



       Balade sensorielle dans ce pays haut en couleurs  au cours de  trois voyages très différents qui vous emmèneront dans le sud en quatre-quatre et à pied, dans les gorges et les dunes, autour de Fes, Meknes, Marrakech, Casablanca…et au sommet du point culminant de l’Atlas : le Toubkal. Des rencontres, des vibrations, des parfums, de la poésie !

EXTRAITS

 Place Djema el Fna

Herboristes et arracheurs de dents 
Écrivains  publics et marabouts s'inclinent  à l'heure du couchant. 

Une nuée de lucioles  danse au-dessus de la place noire de monde. 

Musiciens  et  bonimenteurs 
acrobates et jongleurs  
saltimbanques et conteurs 
charmeurs de serpents et baratineurs enchantent ce théâtre magique. 

Mendiants et estropiés quêtent la charité d'une cour des miracles
agitant la conscience des passants médusés. 
Gargotiers et rôtisseurs grillent et mijotent 
excitant les papilles des visiteurs les plus blasés. 

La nuit, le cœur secret de Marrakech palpite  au son des clochettes  des porteurs d'eau. 
   


La Koutoubia 




Veillant sur la houle d'une marée humaine palpitante et chamarrée, 
son minaret règne impassible  sur la ville rouge. 

Éblouies par l'ardent soleil du jour, 
Quatre sphères dorées en équilibre dans le ciel, 
 au crépuscule, caressent  un rayon de lune. 
Quand le vert ruisselle de ses tuiles vernies, 
quand les feux du couchant embrasent ses broderies de terre, 
quand la lumière jaillit de ses arcs festonnés, 
la Koutoubia capture l'âme et la projette vers des cimes immatérielles. 




Le jardin Majorelle

Je suis venue,  Monsieur Majorelle, 
diluer  mes illusions  dans votre bleu profond. 
Je suis venue plonger mes rêves  
entre les nymphéas des bassins argentés. 
Je suis venue caresser l'ombre de mes espoirs  
sous la pergola  parfumée de jasmin.  
Je suis venue boire l'eau musicale 
à la fontaine de mes désirs. 
Je  suis venue poser mes invisibles empreintes 
près de l'arbre du voyageur  
 et murmurer au vent, la  mélodie des  souvenirs  
 frôlant les feuilles  des bambous.


Dans le massif du Toubkal

La lune, ma fidèle messagère veille déjà depuis trois heures quand le soleil disparaît laissant la vallée dans l'ombre. Les mules libérées de leur charge et parties paître la verdure, redescendent près du bivouac; l'une d'elles s'endort, le museau dans le sac de picotin! La nuit s'installe sous les étoiles, je m'installe  en son cœur. 

 Six heures du matin: troisième journée de marche, très longue étape de transition en perspective, au moins sept heures  sous le soleil pour rejoindre le village d'Amssouzart. Alors nous levons le camp, partons avant l'équipe qui range les paquets et bâte les mules.   «Yalla!» Par un étroit défilé, le long du torrent, l'air frais du petit matin ravive les couleurs de mes songes nocturnes. Sur le versant ouest éclairé par le soleil levant, un troupeau de chèvres « caméléon » descend s'abreuver sans se soucier de notre présence. 

La couleur de leurs poils se confond avec celle des rochers, si bien que le flanc de la montagne semble s'animer  à leur passage.  Elles jaillissent de partout à la fois, agiles, gracieuses, attirées par l'eau claire. Un berger veille, discret, fondu dans le paysage. La vallée de Tifni que nous empruntons pendant deux heures, verdoyante et abondamment irriguée, est le domaine des pâturages. Après le festin d'herbes et de fleurs sauvages, rien de tel pour ces animaux de montagne que d’escalader les rochers et dégringoler les pentes vertigineuses, comme pour se défier dans la prise de risques!  Il n'en est pas de même pour nous; le sentier suit la gorge qui s'élargit pour rejoindre la vallée de Tinzar; nous le suivons rigoureusement, derrière Mahmed, prudemment et posément, ménageant nos efforts, économisant notre souffle pour préserver le plaisir de marcher sans faiblir. A maintes reprises nous traversons à gué, le torrent élargi parfois en vasque claire et transparente, à la suite d'une chute bouillonnante. Les mules nous  dépassent suivies par les muletiers qui chantent en marchant: pour les encourager, pour le plaisir ou pour rythmer leur pas régulier et beaucoup plus rapide que le nôtre? Ils nous saluent et disparaissent jusqu'au prochain virage puis définitivement, jusqu'à notre arrivée.  

TOMBÉE DANS LES ÉTOILES sur le chemin de Compostelle

TOMBÉE DANS LES ÉTOILES sur le chemin de Compostelle


TOMBÉE DANS LES ÉTOILES sur le chemin de Compostelle : témoignage      

Paru en  octobre 2012              307 pages dont 10 pages de photos couleurs

ISBN : 978-2-9541163-1-0                                                                  prix : 20 €

           Parcourir à pied plus de 1 500 kilomètres, au cours de cinq années, du Puy en Velay  à Saint Jacques de Compostelle, à raison de deux ou trois semaines par an,  n’a rien d’un exploit sportif. Mais, avec le corps pour véhicule, le chemin parcouru au rythme lent du pèlerin pour itinéraire, les rencontres  pour repères et gratifications, j’avance humblement vers moi-même, portée par un élan spirituel imprévu. J’ai visé la lune en rêvant d’un cheminement idyllique  couronné par une arrivée triomphale à Saint-Jacques de Compostelle. Mais je l’ai ratée, car rien ne s’est passé comme je l’avais imaginé ! Et je suis tombée dans une infinité d’instants de bonheur : autant d’étoiles bienveillantes qui brillent à jamais au secret de mon cœur.


EXTRAIT :

              Je salue  cette nouvelle journée ! Elle m’offre des paysages merveilleux, surprenants, une atmosphère tiède, des fruits  à profusion, une cérémonie religieuse, une exposition surprise, une complicité timidement réaffirmée. Heureusement car le point d’arrivée d’aujourd’hui compte parmi les plus beaux de mes  fantasmes, ancrés dans mes attentes. Je ne peux pas être déçue par ce point de rencontre des voies de Compostelle, ni par ce joli nom qui a tellement chanté à mes oreilles et à mon cœur : Puente la Reina.

           Pour y arriver, que de belles haltes entre piste, sentier, route bitumée, village et collines aux couleurs en camaïeux de verts et d’ocre !

Sur fond de ciel bleu, les pales blanches des éoliennes tellement décriées, immobiles pour la plupart, s’épanouissent comme des corolles au-dessus des immenses tiges sorties de la montagne. Certains  ont gravi le col dans le vacarme de leurs tours animées par un  vent rageur ; nous avons  la chance de monter dans le silence ce matin. Je leur trouve une élégance qui ne nuit en rien à la quiétude du paysage qu’elles dénaturent beaucoup moins que ne le font les gigantesques pylônes des usines électriques.
            J’avais vu des images et lu des commentaires sur cette fresque métallique de l’Alto de Perdon mais je suis surprise par les dimensions des personnages. Pèlerins de fonte, d’un autre âge, hommes, femmes, enfants et animaux tous en route vers la même destination que nous, du pèlerin du Moyen-âge, chaussé de sandales de cuir et parfois accompagné d’un âne, au pèlerin moderne aux brodequins montagnards, équipé d’un sac à dos, ils semblent avancer les uns derrière les autres, comme suspendus ou plutôt en état de lévitation.

            Les étoiles accrochées à leurs bannières, en guise de passeport, rencontrent ici le chemin du vent, c’est ce que nous confie l’artiste: « Donde se cruza el camino del viento con el de las estrellas ». Ce message poétique et spirituel chante dans mon cœur. Parmi les innombrables statues de pèlerins, de toutes les tailles, de bois, de terre, de métal, croisées le long du chemin, celles du Perdon  me font signe de les suivre.
   









L'OISEAU  DU  PARADIS :  roman     
                                                         
Nouvelle parution aux éditions  Nombre 7      en mai 2019                                                                             195 pages

ISBN : 978-2-36832-736-4                                                                         prix : 16,90 €


 L’oiseau du paradis


C’est le nom du Strélitzia, cette magnifique fleur exotique en forme de tête d’oiseau, aux couleurs lumineuses, orange et bleue, qui est l’emblème de l’île de Madère.

Habituée à écrire des récits de voyages sous forme de témoignage, j’ai eu envie de raconter cette évasion à Madère en prenant plus de liberté par rapport à mes autres récits. Comme le thème de la rencontre m’a toujours inspirée, j’ai choisi de faire de ce voyage le cadre d’un roman.


             Cette évocation de l’île de Madère, à travers l’improbable relation entre une randonneuse solitaire et un musicien madérien à la dérive, invite le lecteur à  les suivre, sur les sentiers et  les sites  de ce paradis de l’Atlantique. Soutenue par la recherche de l’âme sœur, elle  illustre sa conviction selon laquelle nos rencontres ont toutes un sens qu’il nous incombe de découvrir.

             Marie, une femme éprise de liberté, au cœur à fleur de peau, les pieds bien ancrés dans la terre et la tête dans les étoiles entre involontairement dans une  cabane et s’y trouve prisonnière. Alors qu’elle n’espère plus se tirer de ce piège, Pablo le propriétaire un peu fou  la libère et la rejoint le lendemain pour marcher avec elle. Très vite, Marie par sa philosophie de la vie, va soutenir Pablo sur la voie de la réintégration dans la société.  Il  naît de leur rencontre une relation amoureuse qui  évolue au gré des confidences et du partage. Mais des moments d’émotion intense alternent avec des réactions surprenantes du Madérien jusqu’au jour où ils se perdent, juste avant le retour de Marie en France.

            Un voyage poétique en hommage aux Madériens où se mêlent la beauté des paysages,  le parfum des fleurs, la musique et complicité entre Marie et Pablo : un véritable  hymne à la vie et à la résilience, une histoire d’amour tendre et  pudique qui semble mal finir.
 Au final, un message d’espoir qui laisse espérer une suite … 


EXTRAIT :

            



            Au large de la pointe de São Lourenço, debout dans sa barque, un foulard blanc flottant autour de son cou, Pablo vient d’offrir à la vague, une brassée d’oiseaux du paradis, fleurs qu’elle aimait tant, emblème de Madère. Marie,  prisonnière des fonds, des débris de plastique et de métal, ne reviendrait jamais marcher sur son île. L’avion qui avait pourtant réussi tant bien que mal son décollage, depuis ce toboggan récemment construit au-dessus de la côte, s’était brusquement  mis à tournoyer comme une toupie avant de piquer vers les flots si paisibles ce jour-là, sans feu, sans fumée, sans bruit, comme un rapace fondant sur sa proie.
            Sans plus aucune notion de  temps ni d’espace, seul, éperdu de douleur, Pablo laisse aller sa frêle embarcation à la dérive.
-  Est-ce que je deviens réellement fou ? Fou  de chagrin, encore une fois! Ma vie n’est-elle que cette succession de drames et d’échecs ? Pourquoi ces séparations brutales par le feu et l’eau ? Combien de fois faudra-t-il subir la violence de ces éléments contraires qui alternent leurs forces  pour mieux m’atteindre ? Je n’ai  pourtant pas rêvé ! Ou alors je perds vraiment la raison. Comment une si belle semaine peut-elle se prolonger par ce cauchemar ? Si seulement je ne l’avais pas dissuadée de passer quelques jours au couvent Santa Clara comme elle le souhaitait, elle serait sauve ! Comment continuer, porter le fardeau de sa disparition et tenir mes promesses de renaissance  à ma propre vie ?
            Le lendemain de l’accident, les spécialistes, policiers, pompiers, enquêteurs, œuvrent encore sur les lieux du drame. Pablo se tient à l’écart du périmètre de leurs investigations. Il tourne, rôde au gré des courants et des vagues, sans se résigner à regagner la côte. Les yeux débordant du bleu de ses larmes entretenues par le vent marin, suivent la danse des fleurs ballottées comme des oiseaux morts. Oiseaux du paradis, offerts à Marie, à l’océan, au ciel : ultime cadeau, hommage à la liberté, à la magie d’une rencontre.
             
             Au crépuscule enflammant l’océan, sur la plage de Porto da Cruz, un chien noir immobile scrute l’horizon ; sa plainte sourde rappelle le maître vers l’île. Dès qu’il aperçoit la barque de l’homme à l’écharpe blanche, il bondit dans l’écume et exécute une folle danse de bienvenue : Pablo rentre au port.